PADDUC…Les mots et les choses

2 novembre 20080 Commentaires

De Corse…
Peu de médias relaient ce qui se passe réellement en Corse. Je suis d’ailleurs tout à fait d’accord avec le sentiment exprimé par François BAYROU lors de son passage dans l’émission FOG en réaction au mot « MEDIA »…
Nous avons d’ailleurs déposé sa réponse ici : http://www.youtube.com/watch?v=adgFGcfjQyE

Article :
PADDUC/Les mots et les choses

Une lecture attentive laisse apparaître entre les principes énoncés et les actions proposées, une faille, parfois un abime. Comme si les mots, au lieu de dire les choses, étaient là pour les cacher. Comme si les auteurs n’avaient pas le courage de leurs opinions, comme si ils avaient peur ou honte de les énoncer trop crument, comme si ils craignaient que de découvrir leurs intentions déclenche une réaction négative.

A partir de quelques mots-clés, et de leur présence – ou de leur absence – dans le corps du document, je voudrais donner des exemples de ce procédé, en examinant le sommaire comme structure organisatrice du texte d’une part, et d’autre part les analyses et les propositions développées au cours de quelques chapitres.

Toni Casalonga

Le 08.09.08

Les mots IDENTITE, ENVIRONNEMENT, CULTURE et LANGUE CORSE sont cités chacun une fois dans le sommaire, pages 2 et 3 du document. Le mot TOURISME en est absent.

Or, le tourisme est l’un des « 10 domaines prioritaires » listés pour « conforter une dynamique de développement durable », page 13.
Or, il est l’une des 4 filières pour lesquelles, au vu de leur « importance sur le plan économique », il faut « identifier des objectifs de développement », page 42.
Et quand sont listées, au chapitre consacré aux « activités du tourisme en Corse », les « forces dont il faut mieux exploiter le potentiel », les mots identité, culture et langue corse disparaissent, page 43.
Comme ils sont absents des éléments que « les nouvelles capacités d’accueil doivent prioritairement favoriser », au seul bénéfice d’une confuse « démarche qualité environnementale, page 44.
Alors que pour « développer une stratégie », il est recommandé à la page 45 de « conforter l’identité de la destination en s’appuyant sur les spécificités culturelles de l’île », considérées comme une « valeur différenciatrice positive ».
Mais que pour « renforcer la compétitivité », non seulement on parle de ne « valoriser » que « le patrimoine naturel et culturel », mais on envisage même de « réaménager quelque peu » le Centre Culturel de Porto-Vecchio en « équipement structurant dans le domaine des loisirs », page 45.
Et que pour finir, il est souligné à la page 46 parmi « les conditions à satisfaire » pour « le développement harmonieux de l’activité touristique », « la possibilité qu’il y aura a développer des projets de grande qualité à proximité du littoral », alors que la page 72 « affirme la nécessité d’un développement intégré littoral/intérieur et d’un relatif rééquilibrage économique et humain en faveur de l’intérieur ».
Je ne saurais trop conseiller aux auteurs du projet de PADDUC la lecture de Voltaire, quand il écrit : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire ».
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En marge de cet article proposé, nous aimerions, si F Bayrou le souhaite, proposer à nos lecteurs son sentiment sur le PADDUC, qui risque de s’intituler bientôt CADDUC…
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Pierre-Paul Battesti
battesti@orange.fr
membre de l’équipe du blog contrafocu

http://isulaviva.typepad.fr/contrafocu/

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