Plan en trois volets
Je sais que jarrive un peu tard puisque vos programmes sont déjà faits. Mais qui sait ? Si vous êtes élu Président, vous trouverez là , matière utilisable. Cest à vous que ce projet sadresse car les réformes exposées ci après, en raison de leur importance, ne pourraient quémaner du chef de lEtat.
TROIS BOULEVERSEMENTS SANS VIOLENCE POUR CHANGER LA FRANCE
Curieusement, les politiques ne parlent pas, du rapport qui existe entre les problèmes économiques et les problèmes dits » de société «
Ils peuvent décrire les premiers en détail : dette de la France, faiblesse de la croissance, dégradation du tissus industriel, importance des prélèvements obligatoires, etc.
Ils peuvent avec tout autant de détails décrire les seconds : violence des jeunes, ghettoïsation, révoltes des banlieues, délinquance, criminalité, chômage, inégalités croissantes,
Mais ils sont démunis quant à lévaluation du coût économique des solutions que nous apportons aux » problèmes de société « .
Il nexiste pas aujourdhui doutils qui permette de chiffrer ce coût, mais on peut penser que si lon cumulait les coûts directs et les coûts induits par les » problèmes de société « , la somme sélèverait probablement à des dizaines de milliards deuros par an. Sans compter ce qui ne peut se chiffrer mais qui contribue à lappauvrissement du pays : le coût psychologique, le coût culturel, le coût moral. Au total un prix très élevé que la société paye et dont léconomie permettrait à la fois de rembourser plus rapidement la dette, dinvestir dans des grands chantiers, de redonner le moral aux Français, de les ressouder.
Or cest à lEtat que revient le devoir dagir pour solutionner les problèmes de société, parce que cest lEtat qui en détient les principaux leviers.
Car si certains de ces problèmes de société relèvent de la sphère privée, comme par exemple les conséquences sur les enfants des mésententes ou des démissions parentales, il apparaît que la plupart des problèmes en question et les plus importants se situent dans le champ de compétences de lEtat. Il en est ainsi de lécole, de la santé, de la solidarité, et enfin de la nature de la sanction que la société inflige à ceux qui transgressent les lois qui la fondent, etc.
Je me permets donc de vous soumettre un plan en trois volets :
1/ Réforme de lécole
2 / Création dun service civil (déjà proposé par Bayrou et Royal)
3/ Réforme de la sanction de la transgression des Lois.
REFORME DE LECOLE
Il a fallu cinq cent mille morts en France et quarante ans
pour quon accepte de reconnaître que vitesse sur les routes constituait le principal facteur daccidents et imposer sa limitation. Jusque là cest léquation personnelle des conducteurs quon incriminait.
Combien faudra-t-il de profs agressés, de voitures brûlées, de bus attaqués, décoles saccagées, de centaines de milliers denfants laissés à la rue, pour quon ouvre enfin les yeux sur dautres paramètres du problème que ceux identifiés par les sociologues et autres experts en jeunes et en banlieues ?
Pour expliquer cette violence le politiquement correct affirme : » cest la désespérance des cités…lurbanisme, le manque danimateurs…dinstallations… de lieux de rencontre…de police de proximité, etc. «
Je prétend que si ces facteurs existent ils nen sont pas moins secondaires. Ils ne peuvent expliquer en effet que 160.000 jeunes (163.000 en 2005 selon le chiffre officiel) soient rejetés et abandonnés chaque année à leur sort. Cest à dire à la rue. 480.000 jeunes en trois ans, sans diplôme, sans formation, sans activité . Autrement dit toute une partie de la jeunesse qui abandonne lécole et qui va se retrouver faute de formation, au chômage et pour une part dentre elle dans la délinquance.
POURQUOI 160 000 JEUNES A LA RUE CHAQUE ANNà ‰E ?
Pourquoi chaque année 160 000 jeunes abandonnent-ils lécole ? Telle est la vraie question.
Ayons le courage de dire que cest essentiellement parce quils sy ennuient.
On na encore jamais vu un jeune refuser daller faire des choses
qui le passionnent
Et pourquoi donc sennuient-t-ils à lécole ?
Tout simplement parce quon les scotche sur des chaises six heures à sept heures par jour pour les gaver de savoir. Après quoi on les force encore à se gaver avec des leçons et des devoirs.
Et ceci, à lâge oà ¹ la sève monte dans le corps. A lâge oà ¹ lon éprouve avant tout le besoin de bouger, de faire, de créer.
Ce rythme contre nature, fonctionne pour une minorité denfants, entraînés à labstraction, bien encadrés à la maison et pouvant partir en vacances. Pour la majorité des élèves il est épuisant.
Toutes les études des spécialistes de la physiologie de lenfant lont montré. : un enfant normalement constitué ne peut se concentrer plus de 3heures 30 à 4 heures par jour.
« L’alternance entre mouvement et immobilité, entre activités rationnelles, activités artistiques et activités physiques doit être respectée dans l’emploi du temps quotidien et pas seulement dans l’emploi du temps hebdomadaire. (Rapport Debré et Douady, 1962)
Lorganisation de la transmission du savoir par lEducation Nationale est dautant plus stupide que les enseignants eux-même sont victimes de cette situation. Il suffit daller dans les salles des profs pour constater le nombre dentre eux qui craquent victimes de crises de nerf et de dépressions, parce quils ne peuvent plus tenir leurs élèves. Il suffit de les écouter vers la sixième semaine de cours, pour constater quils attendent leurs vacances comme des asphyxiés attendent loxygène.
TRAVAIL INTELLECTUEL, SPORT, ARTS, TRAVAIL MANUEL
La solution est donc évidente. Elle fonctionne déjà depuis longtemps ailleurs : 3h30 à 4 h de travail intellectuel le matin. Laprès midi, sport, théâtre, musique, menuiserie, maçonnerie, plomberie, sculpture etc….
Et si en Allemagne on remet en question cette alternance, cest uniquement parce que ces activités de laprès midi sont facultatives et laissées à linitiative des parents. Or de plus en plus de femmes travaillant, les enfants sont souvent laissés à eux même.
Mais ce quil faut en France cest maintenir les activités de laprès midi dans le cadre de lEducation Nationale.
Pourquoi du sport tous les jours ? Cela va de soi. Le sport développe le corps des adolescents de façon harmonieuse et leur crée un capital santé pour leur avenir. Parce que le sport consomme et canalise l’énergie dont les adolescents débordent, parce qu’il constitue une bonne antidote aux jeux vidéo et à la télé. Noublions pas quen France 12% des enfants sont atteint d’obésité et leur nombre augmente de 5% par an !
Parce que le sport enfin apprend à intégrer des règles et à respecter les autres. Quand nos adolescents auront fait du sport chaque jour, ils seront moins agités, ils brûleront moins de voiture, ils caillasseront moins la police.
Pourquoi du théâtre, du chant, de la danse ? Parce que ces activités incitent à s’ouvrir, à maîtriser sa créativité, à se confronter à de grands textes et de grandes musiques. Quant nos enfants feront régulièrement du théâtre, du chant, de la danse, ils découvriront le plaisir de s’harmoniser aux autres. Ils s’exprimeront mieux, avec plus de sincérité.
Pourquoi du travail manuel ? Parce que le travail avec ses mains aide à la compréhension de la nature de la matière, autrement dit il aide à la compréhension du réel. Quand nos enfants exécuteront régulièrement des travaux manuels, quand ils apprendront à souder, à menuiser, à maçonner, ils acquerront l’intelligence pratique, les
enchaînements logiques et par voie de conséquence le respect des objets manufacturés. Ils y découvriront ainsi un plaisir qui valorisera les métiers manuels dont on a besoin en France.
REDEFINITION DES RYTHMES ET DES PROGRAMMES
Ce projet est évidemment complexe dans sa mise en place. Il suppose une redéfinition du mode d’acquisition du savoir. Une simplification des programmes. Une reconstruction des rythmes journaliers, hebdomadaires et annuels.
Il implique nécessairement une augmentation du nombre de jours scolarisés (actuellement en France le plus faible d’Europe) et un raccourcissement de la durée des vacances scolaires.
Mais pourquoi les enseignants tiennent-ils autant à leurs vacances, sinon parce qu’ils sont épuisés par le manque d’harmonie, par le manque de plaisir, par la tâche de police qu’ils doivent en permanence assumer.
Un travail quotidien harmonieux n’exigerait pas autant de vacances.
Il est certain que ces nouvelles activités imposeront de construire de nouveaux complexes sportifs, d’aménager des ateliers et des salles spécialisées.
Il est certain quil faudra négocier avec lindustrie touristique les pertes de journées subies.
Il est certain qu’il faudra engager et former des moniteurs des formateurs, des enseignants. Mais de nombreux professeurs pourraient participer à l’encadrement des jeunes dans une autre discipline que celle qu’ils enseignent habituellement. Une discipline correspondant à leurs activités de loisirs personnels : peinture, sculpture, jardinage, théâtre, chant, sport, travaux manuels etc.
UNE REFORME COUTEUSE MAIS CERTAINEMENT MOINS QUE LECHEC
SCOLAIRE ET SON CORTEGE DE CONSEQUENCES.
Tout cela coûtera cher. Pour faire accepter par l’Etat, la Région et le Département l’augmentation nécessaire du budget consacré aux établissements scolaires, il faudra prendre en compte et chiffrer les économies qui seront certainement réalisées sur d’autres budgets
dans différents secteurs : police, justice, santé.
Car l’échec scolaire, la toxicomanie et la délinquance chez les élèves, l’absentéisme, le manque de motivation; la dépression nerveuse, les grèves à répétition chez les enseignants, tout cela a un coût. Un coût non chiffré mais on sait bien que c’est un coût élevé.
UNE REFORME A CONSTRUIRE AVEC LE CORPS ENSEIGNANT
Enfin il va de soi qu’une telle réforme ne pourrait s’élaborer qu’en entraînant les enseignants dans sa conception même. Et pas seulement les enseignants, mais les parents et tous ceux qui sont partie prenante de l’éducation et de la santé tant au niveau local qu’au niveau national.
En somme, plus qu’une réforme, c’est un bouleversement.
Les timorés et les tenants du « pas de vagues » diront qu’une telle aventure serait démesurée, qu’elle s’attaquerait à des intérêts intouchables de toutes sortes, qu’elle est donc totalement utopiste.
Effectivement, sa mise en place nécessitera de l’intelligence et du courage. Mais après tout n’en a-t-il pas fallu plus encore à Jules Ferry, Ferdinand Buisson et Camille Sée pour imposer l’école obligatoire, laïque et républicaine, il y a cent vingt deux ans ?
Mais ce corps enseignant est constitué de femmes et dhommes qui pour la plupart ont choisi ce métier par générosité. Et il est certain quils pourraient participer à ce bouleversement avec enthousiasme ? Dautant que nombre dentre eux ont un hobby quils pourraient faire partager.
Evidemment une telle révolution supposede la part des politiques un certain courage. Beaucoup moins toutefois quil nen a fallu à Jules Ferry, Ferdinand Buisson et Camille Sée pour imposer lécole laïque et obligatoire.
SERVICE CIVIL
La deuxième réforme à faire est la création dun service civil obligatoire pour les garçons comme pour les filles. François Bayrou et Ségolène Royal lont proposé.
Non pas un service civil formé de volontaires comme lavait suggéré Jacques Chirac, mais un service civil obligatoire de six mois, pour les garçons comme pour les filles à lâge de 16 ans. Un service civil sans possibilité de sursis et sans dérogation. Un service civil et civique pour donner à la société française un peu de ce quon lui doit. Un service au cours duquel les jeunes apprendraient la protection civile, le respect des autres, des faibles, des gens âgés, des enfants, des valeurs citoyennes. Un service civil qui permettrait de repérer et de combattre l’analphabétisme et l’illettrisme. Un service civil au cours duquel les jeunes effectueraient des stages et des initiations qui les aideraient à choisir ultérieurement une spécialisation, un métier. Ce serait évidemment un lieux de brassage et de mixité sociale qui n’existe plus. Aujourd’hui un ado du 7 eme arrondissement de Paris n’a strictement aucune chance de rencontrer un ado des cités.
Enfin ce service civil constituerait une sorte de rite de passage de l’adolescence à l’âge adulte. Rite qui n’existe plus et dont les psychologues relèvent le manque.
LA NATURE DE LA SANCTION
De la condamnation à ne rien faire en prison à la condamnation à apprendre, à faire, à réparer.
La comptabilité de la violence révèle :
- Une progression importante des vols et des vols avec violence(+100% depuis 92)
- Une très forte progression de la délinquance chez les jeunes de moins de 18 ans, c’est à dire, parmi les jeunes collégiens, lycéens, ou exclus par ces institutions.
- Un recul des homicides de 20% depuis 92.
Les vieilles idées ne marchent pas
Force est de constater que les politiques menées jusqu’ici par ceux qui ont gouverné la France depuis trente ans n’ont globalement rien produit de significatif.
Croire que la situation ne pourrait se résoudre avec des solutions répressives du genre : policiers supplémentaires, sanctions financières infligées aux parents des jeunes délinquants, moniteurs de quartiers, agents de prévention, toutes ces mesures ont fait la preuve de leur inefficacité.
C’est l’ensemble des concepts sur lesquels se sont fondées jusqu’ici les réponses apportées à la délinquance et à la criminalité qu’il faut remettre en question.
C’est l’ensemble de ce que la société organise pour former sa jeunesse qu’il faut repenser, de même qu’il faut repenser la nature même de la sanction des transgressions des règles qui la fondent. Le sujet est d’autant plus important que l’insécurité est la résultante de tous les « problèmes de société » non résolus : Famille, école, formation, chômage, exclusion, justice, prison…
Et il est d’autant plus difficile à aborder qu’il focalise les fantasmes de chacun. Fantasmes sur la drogue. Alors que les drogues dites dures ne tuent que quelques centaines de français par an, les douces aucune, et dans le même temps l’alcool en tue plus de cent cinquante mille. Phantasmes sur le crime de sang qu’on imagine à tous les carrefours et qui pourtant ont régressé en France d’après les chifres officiels. Phantasmes sur l’insécurité alors qu’on ne pouvait autrefois traverser la foret de Fontainebleau sans avoir longuement prié à l’avance pour éviter de se faire détrousser, voire égorger.
PRà ‰VENTION DE LA Dà ‰LINQUANCE DE MINEURS
L’insécurité, on le sait, est d’abord aujourd’hui le fait de jeunes de 12 à 25 ans, pas élevés, rejetés par le collège et le lycée, largués dans la rue. Ce sont ces adolescents et jeunes adultes qui « caillassent » les flics, qui arrachent les sacs des vieilles, qui agressent les contrôleurs et les conducteurs et finissent par braquer..
A leur façon, ils font payer à la société adulte son refus de mettre la jeunesse au centre des problèmes.
S’il faut punir la transgression des lois qui fondent, instituent et structurent la société, il est nécessaire de se demander aujourd’hui quelle punition et dans quel but ?
à ‰liminer ou réinsérer ?
La punition de référence, qui fut durant des millénaires dans la plupart des civilisations, la peine de mort,
en étant supprimée en Europe au profit d’une peine de prison à perpétuité, n’a plus aujourd’hui pour objectif principal d’éliminer définitivement du groupe l’individu qui transgresse ses lois, mais de l’éliminer temporairement pour le réinsérer un jour dans la société.
On doit donc se demandeer comment réinsérer des individus qui sont pour la plupart fortement atteints psychologiquement par leur détention ? Hommes brimés par des caïds, méprisés par des surveillants, violés, pour les plus jeunes et les plus tendres d’entre eux, par leurs co détenus ?
A tel point qu’un nombre non négligeable de prissonniers se suicident années après années .
A tel point que des milliers d’autres deviennent fous, à ne rien faire, enfermés du matin au soir entre quatre murs et développent un désir de faire payer la société qui les a ainsi traités ?
Il n’est donc pas étonnant de constater que la majorité des délits et des crimes est le fait de récidivistes. 68 % des gens ayant effectué des séjours en prison y retournent.
Il y avait trente cinq mille prisonniers dans les prisons françaises en 1980 et l’on trouvait déjà ce nombre énorme, il y en a soixante cinq mille aujourd’hui. Chacun sait que les prisons débordent. L’insécurité a-t-elle réellement diminué pour autant ?
Dans l’univers carcéral le système de pouvoir régnant, confère aux plus durs des criminels un rôle de modèle, contribuant à inverser chez l’ensemble des détenus, le code de valeurs qui fonde notre société.
Qui ne sait pas encore que la prison s’avère être pour les jeunes « la meilleure école du crime »?
Qui ne sait pas encore qu’en sortant de prison, hommes et femmes se retrouvent totalement démunis pour affronter un monde de plus en plus exigeant ? Comment peut-on imaginer les réinsérer, sans formation, sans métier, après des mois et des années passées à fainéanter, rongés par la haine de la société ? Comment peut on imaginer mettre ces individus sur le « marché du travail » en se persuadant que ça va marcher pour eux, alors qu’il y a des millions de gens performants sans emplois ?
Certes, la prison comme punition de référence, constitua un progrès indéniable par rapport à la mise à mort et aux châtiments corporels Aujourd’hui, nous devons la remettre en question. Ici comme ailleurs, nous ne pouvons plus faire « comme si ». Comme si le problème n’existait pas.
imaginons un autre type de punition
Imaginons donc autre chose… Imaginons par exemple que le châtiment consiste à une condamnation à apprendre, à faire et à réparer plutôt qu’une condamnation être simplement privé de liberté, c’est à dire une condamnation à ne rien faire.
Faire, non pas faire des trous dans les cours des prisons pour les reboucher après. Non pas couper du bois dans les marécages de Guyane.
Non. Acquérir des connaissances, des savoirs, des méthodes, des pratiques. Intégrer des règles, apprendre l’effort.
Puis produire à partir de ces acquis afin d’indemniser les victimes et la société.
Les peines consisteraient donc à passer, des CAP pour les uns, des BTS pour les autres, des licences, des Maîtrises des Doctorats, en deux mots à acquérir des savoirs et des savoir-faire et à appliquer ces savoirs et ces savoir-faire une fois acquis. Elles consisteraient également à réparer, à travailler pour financer les réparations nécessaires des dommages causés aux personnes, aux entreprises ou aux institutions.
Cela n’impliquerait pas que les condamnés puissent s’éparpiller dans la nature.
Non. Ils seraient privés de liberté jusqu’à ce qu’ils aient réalisé une part plus ou moins importante décidée par le juge ou le jury de leur programme de formation-réparation.
Imaginons le cas d’un individu de vingt cinq ans arrêté lors d’un braquage avec prise d’otage. Il s’avère, comme souvent que le dit individu a abandonné l’école au niveau du collège. Qu’il a ensuite été laissé à lui même ou plutôt dans la rue, a d’autres délinquants plus agés.
Le garçon a quinze ou seize ans, l’école l’ennuit, il est largué, la rue l’amuse. Mais comment vivre, il ne sait rien faire. Pendant deux ou trois ans il va se nourir chez ses parents. Mais il est probable qu’à dix huit ans ceux ci lui demanderont de se débrouiller. La suite est connue. Trafic en tous genres, vols de scooters, de voitures etc. Et on passe au cran supérieur. Braquage et prise d’otage. Arrestation. Cour d’assise, 15 à vingt ans, si ce n’est plus.
Imaginons qu’au lieu des vingt ans on le condamne à passer un CAP, puis un BTS en lui laissant le choix de la spécialité : bâtiment, cuisine, service, etc. Puis obligation d’exercer dans la spécialité choisie jusqu’à remboursement des dégâts causés, indemnisation des victimes et amende à payer à l’Etat.
Ainsi reconnus coupables par les juges ou les jurys, les individus ne seraient donc plus condamnés à une durée d’enfermement, mais à un certain nombre de points à réaliser. Et dès lors, la durée de leur détention leur incomberait pour partie. Un tel qui se mettrait au boulot retrouverait plus rapidement la liberté que tel autre qui ne voudrait rien faire.
Dans la pratique le réforme serait beaucoup plus simple et moins coûteuse qu’il n’y parait. Simple, parce que le Droit pénal Spécial, qui donne la fourchette des peines sanctionnant une faute, déterminerait dorénavant le nombre de points à réaliser.
Peu coûteuse parce qu’elle aurait pour principe d’imposer l’autonomie économique des centres d’apprentissage et de détention. Autrement dit les condamnés devraient grâce à leur travail, pourvoir à leurs besoins de nourriture, de construction, de locaux, de chauffage etc.
Ainsi, à l’issue de la réalisation de ses points, le condamné aura payé « sa dette envers la société » et envers ses victimes. Et il se sera forgé les outils de sa réinsertion. Il ne sera plus acculé à la récidive. Il aura appris à éprouver le plaisir de faire.
Une telle idée apparaîtra à certains comme totalement utopiste. Disons simplement que l’interdit de l’inceste, le suffrage universel, l’abolition de l’esclavage, celle de la punition corporelle et de la peine de mort, apparurent aussi en leurs temps comme des élucubration de joyeux rêveurs.
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Bayrou parle avec justesse et modération, ça change ! Dans tous les milieux qui sont
Bien silencieux le modem sur la vichysation du régime sarkozyste après sa bushisation, sa blairisation,
que de belles phrases ....un peu comme les socialos, tout dans le baratin... mais dans l'action
Ce n'est pas de la "communication" que fait Sarkozy, ce sont les bases qu'il jette
Merci de ces précisions. Vous avez oublié d'indiquer que le regime de "retraite" de ces