Le vote aux extrêmes est une impasse - Le Midi Libre
Posté le 15 janvier 2007 par admin
Est-il possible pour un candidat centriste dincarner un vote protestataire ?
Un vote protestataire mais républicain. La République nest pas la République de tous. Elle est la République de quelques-uns. On ne voit et nentend que ceux qui ont les relations, ou le nombre, pour être défendus. Il y a quelques années, on appelait cette situation “fracture sociale”. Cest une situation qui saggrave. Alors il faut un président capable de sadresser sans peur aux puissants, pour leur rappeler leurs devoirs. Cest une démarche républicaine. Car le vote protestataire qui sexprime par les extrêmes est une impasse. Plus il est fort, plus il renforce le pouvoir des deux partis “dominants” : lorsque Le Pen est au deuxième tour en 2002, Chirac obtient 82 % des voix.
Oà ¹ comptez-vous gagner des voix alors que Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy disent, eux aussi, dépasser les clivages ?
Mon projet nest pas le même que le leur. Lun veut tous les pouvoirs pour lUMP. Lautre, tous les pouvoirs pour le PS. Mais je vous le dis : ni lUMP, ni le PS, ne répondront aux problèmes de la France. La situation exige une mobilisation de toutes les forces du pays, qui tourne le dos à ce vieux clivage et appelle les gens de bonne volonté, venant dun camp et de lautre, à travailler ensemble pour redresser le pays. Comme cela sest fait avec un succès formidable en Allemagne.
Vous risquez de contribuer à la dispersion des voix comme en 2002…
Pas à la dispersion, au rassemblement.
Nicolas Hulot, qui était à votre université dété à La Grande-Motte en août, hésite encore à se présenter. De complice est-il devenu rival ?
Pas du tout. Je ne vois pas les choses en ces termes. Nicolas Hulot a demandé à tous les candidats dexaminer cinq points de programme et de saccorder pour prendre des engagements de long terme sur la manière dont la France va lutter contre le réchauffement climatique. Jai signé son pacte car il a dit que lécologie nest plus une question de parti. Pour moi, comme pour tous les autres grands sujets, la protection du climat exige que tous les partis acceptent de sentendre pour changer les choses.
Vous voulez plus de moyens pour la recherche et léducation mais moins de déficit. Comment faites-vous ?
Il faut distinguer ce qui est vital pour le pays de ce qui est secondaire, mettre les moyens nécessaires sur le vital et faire des économies sur laccessoire. Léducation, cest crucial, la recherche, cest crucial. Mais il y a bien des activités de lEtat sur lesquelles on peut économiser. En quelques mois, lItalie et lAllemagne ont réussi à stabiliser leur dette.
A force de dénoncer la surexposition médiatique de Mme Royal et M. Sarkozy, vous êtes vous aussi très médiatisé.
Le CSA a confirmé que ce je disais était vrai. Et si lon en croit le sondage publié hier dans Le Parisien, plus de 80 % des Français pensent que jai raison de dire que ce matraquage nest pas équitable.























