Le paradoxe Bayrou ?
La vocation première de cet article était de répondre aux attaques formulées par Michel Onfray contre la candidature de François Bayrou. Celles-ci reflétant assez bien la polémique qui l’encadre actuellement, nous nous sommes permis de reproduire ici le commentaire posté sur son blog.
J’ignore si vous connaissez la pensée de François Laruelle dont le nom a été cité sur le plateau d’Esprits libres auquel vous participiez récemment. Il est paraît-il l’un de ces rares, « vrais philosophes » contemporains auquel on s’intéresse actuellement outre-atlantique. Mais peu importe, la reconnaissance de la non-philosophie dont il a élaboré les principes, et dont déjà Deleuze formulait l’exigence dans Qu’est-ce que la philosophie ?, est assurée par la puissance de sa pensée et la densité de son oeuvre. Encore faut-il opérer un saut postural hors de la philosophie pour en mesurer le génie ; et j’ai toute raison de croire que vous y parviendrez tant ce saut est le prolongement, paradoxalement logique, de toute pensée qui cherche à faire de la philosophie l’auteur légitime du monde. J’ai d’ailleurs toute raison de croire que votre pensée rencontre un jour les chemins de traverse de la non-philosophie, puisque vous vous réclamez anti-libéral et que cette pensée puise elle-même ses « concepts » dans un marxisme auquel elle rend hommage en tenant d’en retrouver l’originalité profonde, mais dont elle cherche aussi à expliquer l’échec en incriminant sur ce point la philosophie en personne ; en d’autres termes, suspendre l’empreinte philosophique qui le discrédite en le privant de l’opérativé dont il se réclame (F. Laruelle, Introduction au non-marxisme, puf, 2000). Or en substance, cette théorie permet de démontrer : — l’identité en dernière instance des programmes du PS et de l’UMP, autrement dit, le fait qu’ils se confondent en pratique ou rhétoriquement malgré leur différence de couleur politique, — la nécessité de suspendre le fameux clivage gauche-droite sans renier pour autant la différence profonde qui existe entre ces deux sensibilités, c’est-à -dire en cessant de considérer comme réelle une dialectique inhérente au seul discours (philosophique ou politique), — le mal que la philosophie fait à la politique en surdéterminant les idéologies, et en les faisant s’affronter autour de ce clivage, — la nécessité d’inventer une nouvelle pratique de la politique qui ne soit pas l’utopie naïve à laquelle on ne cesse de la réduire, mais qui, pourtant, s’accroche à l’utopie d’un monde résistant aux dérives d’un libéralisme sauvage, — enfin — et c’est peut-être le plus important —, en quoi considérer cette posture comme de droite lorsque l’on est empreint d’une idéologie de gauche, ne fait que confirmer ce qui précède. Mais sur ce point, j’ose espérer que vous ne vous fondez ni sur l’idée que la politique serait l’exception au bon vieux dicton sur l’évolution (vous savez, sur les cons…) voire que vous consentirez qu’une pensée de gauche relève d’un raffinement et d’une complexité qui relèguent son alter ego au rang de pensée primitive, ni sur celle plus amère (et typiquement symptomatique d’une habitude à décrypter le langage philosophique) que la sincérité inhérente à toute utopie est une illusion qui présuppose de rechercher systématiquement le discours qui se dissimulerait hypocritement sous sa surface. Car d’o๠vient donc cet étrange réflexe qui consiste à (devoir?) commencer par situer idéologiquement un programme avant de l’évaluer, si ce n’est d’une contrainte philosophique ou discursive, et donc artificielle ? J’ignore si quelqu’un incarne aujourd’hui l’utopie dont je parle, mais plaider pour sa possibilité est déjà à lui seul un authentique progrès ; ce que vous dites en substance avant de vous engouffrer dans une ritournelle qui fait précisément le jeu dont vous consentez à Bayrou d’avoir su annuler l’effet : celui des étiquettes ; car quoi qu’on pense de la nécessité de conserver ce bon vieux clivage comme crible politique, il tolère en tout cas, plus ou moins passivement, ce brouillage des cartes qui fait tant de mal à politique. Et je doute que quiconque, si érudit soit-il, ait le pouvoir ou l’autorité de psychanalyser les électeurs en leur expliquant la valeur de leur choix politique ; ce serait oublier un peu vite que si les programmes s’y prêtent dans une certaine limite, l’homme est d’une texture infiniment plus complexe et obscure… Mais ce serait surtout oublier qu’au regard du Réel et de son indivision, même la différence entre les deux postures les plus éloignées de l’échiquier politique, ne revient in fine qu’à une différence de style et de priorités, si du moins on s’obstine à raisonner selon cette dialectique ; or si cette différence est fondée en termes d’affect plutôt que de raison, l’enchaînement des sensibilités à une dialectique qui exige alors l’alternance pour équilibrer la vie politique, interdit de restaurer cette identité radicale dont elles ne sont pourtant que les deux versants. Partagerions-nous donc seulement deux conceptions divergentes du Réel, mais convergeant vers la même intuition d’un péril imminent auquel il convient aujourd’hui à chacun de résister ?
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MR BAYROU
Je viens de lire un article vous concernant dans marianne évocant la dernière semaine importante pour vous concernant les sondages pour l’accès au 2em tour . Je pense personnellement que ce challenge est possible , expliquez , détaillez votre programme et surtout que le débat soit l
MONSIEUR BAYROU IL EST TEMPS DE MONTRER LES DENTS…DE REPONDRE AU PS,A L’UMP AINSI QU’AUX AUTRE PARTIS QUI N’ONT DE CESSE DE VOUS CRITIQUER QUE VOUS AUSSI VOUS SAVEZ MORDRE :1°ON VOUS REPROCHE DE N’AVOIR FAIT AUCUNE REFORME EN TANT QUE MINISTRE DE L’EDUCATION..VOUS DEVEZ VOUS EXPLIQUER AUPRES DES FRANCAIS LEUR DIRE CE QU’IL EN EST REELLEMENT SI VOUS AVEZ FAIS DES REFORMES PRECISER LESQUELLES …SI VOUS N’EN AVEZ PAS FAIS DITE LEUR POUR QU’ELLES RAISON..MAIS CECI EN VOUS ADRESSANT AU FRANCAIS ET NON AUX DIVERS CANDIDATS……….2°MADAME ROYAL EST LA PREMIERE A VOUS MATRAQUER CE A QUOI VOUS POUVEZ LUI REPONDRE QUE AYANT EU ELLE MEME UN MINISTERE AUX AFFAIRES SOCIALE SOUS LE GOUVERNEMENT JOSPIN CELUI CI A ETE DANS L’OBLIGATION D’APPELER UN AUTRE MINISTRE EN RENFORT AUPRES DE MADAME ROYAL QUI NE SAVAIT ABSOLUMENT PAS GERER SON MINISTERE!!!!!ALORS IMAGINER CETTE FEMME A LA TETE DE L’ETAT JE PREFERE ME SUICIDER TOUT DE SUITE ……..!!!!!!3°IL FAUT EGALEMENT DIRE AUX FRANCAIS POURQUOI IL EST IMPOSSIBLE D’AUGMENTER LE SMIC DE 300EUROS PAR MOIS ,SI C’ETAIT LE CAS CELA N’EST PAS 5 MILLIONS DE CHOMEURS MAIS 8 MILLIONS ET PLUS QUE NOUS AURIONS!!!PAS DE LANGUE DE BOIS DITE LES CHOSES COMME ELLES DOIVENT ETRE DITES LES FRANCAIS PEUVENT TOUT ENTENDRE A CONDITION QUE CELA SOIT VRAIS ET SINCERE.
Les élections présidentielles
S’il faut des autorités pour défendre Bayrou, on peut citer, outre Laruelle, que je ne connais pas, Bergson. Ce n’est pas la philosophie qu’il critique, mais la pensée intelligente, seulement intelligente, analytique, qui ne peut penser l’avenir que dans les catégories du passé, et qui reste donc incapable d’appréhender toute véritable nouveauté, c’est-
Socdem,
Votre commentaire m’a amenée