Extraits d’un article sur « the globe and mail » de Toronto

7 janvier 20070 Commentaires

Pour le quotidien néoconservateur canadien, les chances du président de l’UMP sont minces. La France préférera élire une femme plutôt qu’un aventurier « culotté ».

Ce qui est intéressant dans cette expression canadienne à propos de nos péripéties présidentielles, c’est que le journaliste, Timothy Smith, analyse la situation sur les deux seuls candidats mis en avant par les médias français. A aucun moment, il ne fera une quelconque allusion à François Bayrou ou d’autres encore. C’est dire à quel point l’information en France est mal faite et donc mal interprétée à l’étranger, pour peu que les journalistes fassent mal leur métier en n’investigant pas suffisamment de leur propre chef.

Extraits : après avoir rappelé les émeutes des banlieues, et l’incapacité de la France à réaliser l’assimilation des populations d’origine étrangères …
[...] l’Hexagone abrite à droite des partis racistes et, à gauche, un étrange mélange de nostalgiques des conceptions économiques de Léon Trotski.

[...] les jeunes n’ont toujours pas trouvé d’emploi. La question n°1 c’est le déclin apparent du niveau de vie de la classe moyenne, qui découvre (ô surprise !) que la loi des 35 heures s’est traduite par une stagnation des salaires. Une fois de plus, la situation – confortable – de ceux qui ont un emploi confisque le débat, et les exclus du marché du travail n’ont pas voix au chapitre. En bref, il y a en France trop de gens qui demandent ce que leur pays peut faire pour eux et trop peu qui se demandent ce qu’ils peuvent faire pour leur pays.

Quant à la seule personne qui parle de se serrer la ceinture, le culotté ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy, il ne sera probablement pas élu [...] pour lui, le modèle social français n’existe pas. La preuve ? aucun pays ne cherche à s’en inspirer. Avec ce message, Sarkozy l’hérétique fait mouche mais irrite l’orgueil national. [...] il fait peur.

Enarque, S. Royal a toujours fait partie du sérail. [...] Un tiers des Français seulement font confiance aux politiques – le taux le plus faible du monde riche. Ce n’est pas étonnant : la France est dirigée par la classe politique la plus déconnectée de la réalité du monde développé. Une nomenklatura qui n’a aucun lien avec le monde du travail : au cours des dernières législatures, la moitié des députés étaient d’anciens fonctionnaires, à l’instar de S. Royal et de Chirac. Dans le monde riche, la classe politique française est la moins représentative socialement, sexuellement et racialement.

Et, cependant, il y a donc fort à parier que Mme Royal remportera l’Elysée en 2007. Pourquoi ? avant tout parce qu’elle semble très différente de Chirac. Mais les apparences sont parfois trompeuses. [...] certains voteront pour elle parce qu’ils voient en elle – à juste titre – l’ancienne ministre compétente, à l’intelligence acérée. D’autres choisiront cette quinquagénaire mère de 4 enfants. [...] la plupart de ses partisans verront en elle ce qu’elle a choisi de faire valoir : le fait d’être un outsider, une bouffée d’air frais.

Or, elle a, en réalité, un parcours des plus classiques. [...] diplômée de l’ENA. Elle fait partie de ceux qui veulent punir les entreprises profitables lorsqu’elles veulent délocaliser. Or, avec un taux de chômage autour de 10 % depuis plus d’un quart de siècle, on pourrait penser que la socialiste s’intéresserait à la création d’emplois dans le secteur privé. En matière macro-économique non plus, on ne voit pas grand chose de neuf dans son message. 70 % des Canadiens en âge de travailler occupent un emploi. En France, c’est 60 %. Un constat qui n’est pas de bon augure, lorsque l’on finance généreusement les retraites, et que les dépenses de santé ont une inflation de 5 à 7 %. Surtout si on ajoute le déficit public qui est de 3 % du PIB. Aussi, lorsque le PS promet d’accroître les dépenses de 49 milliards d’euros en cinq ans, il prend un engagement stupéfiant.

La France se dirige (avec S. Royal) vers cinq longues années de dérive : Si Mme Royal a une vision cohérente pour la France, les Français n’en savent toujours rien. Sa politique étrangère reste obscure. Pour tenter de séduire les électeurs pro Sarkozy, elle a fait quelques déclarations fermes sur la délinquance des jeunes, dénoncé les conséquences non désirées de la loi des 35 h, discrètement salué T. Blair. C’est là toute l’étendue de son hérésie. Pas un mot sur la bombe à retardement des retraites. Rien sur la législation du travail ni sur la bureaucratie, qui découragent la création d’emplois. Et, non contents de n’avoir jamais reconnu leur responsabilité dans le chômage élevé qu’ils ont laissé derrière eux après quinze ans de pouvoir, les socialistes français préfèrent accuser la mondialisation.

La France se dirige tout droit vers 5 longues années supplémentaires de dérive. C’est dommage. Mme Royal aurait le talent nécessaire pour convaincre l’opinion que les réformes n’accroitraient pas nécessairement les inégalités, mais elle n’a jusqu’à présent jamais avancé cet argument et son parti ne la laissera pas réformer le pays, même si elle le souhaite. Ceux qui espèrent voir arriver un nouveau dirigeant européen audacieux seront donc royalement déçus.

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Dommage aussi que ce journaliste, Timothy Smith, n’ait pas pris la peine de se renseigner plus avant !! car il existe ce nouveau dirigeant européen audacieux, même s’il est encore trop boycotté par les médias … et il progresse, même ses adversaires le reconnaissent.

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