» Les patrons de l’élection sont les Français » – Les Nouvelles Calédoniennes
Les Nouvelles Calédoniennes : Limage de loutre-mer en Métropole nest pas souvent flatteuse. Comment expliquez-vous cela ?
François Bayrou : Comme vous le savez, jai exprimé beaucoup de réserve sur la manière dont lEtat sest comporté outre-mer dans les décennies précédentes et jai toujours considéré que lidée dimpartialité de lEtat na pas été respectée. Et je pense que cest en grande partie ce qui explique la mauvaise image de loutre-mer en Métropole. On a eu limpression que cétaient des concessions et je nai pas aimé cette période. Pour moi, il ne peut y avoir dEtat sil nest pas impartial. Si lEtat est partisan, si lEtat est clanique, lEtat est fautif. Et cela se retourne contre lui, contre le pays, contre les citoyens. Ce combat-là , cest le mien et cela na jamais cessé de lêtre. En Guadeloupe, en Polynésie, en Nouvelle-Calédonie, jai toujours dit la même chose et je continuerai à le faire. Si lEtat est impartial, il rassemble et donne confiance. Je pense que le XXe siècle aurait dû nous apprendre ça.
LNC : Lindexation des fonctionnaires et des fonctionnaires retraités en outre-mer fait débat. à Štes-vous favorable à une remise à plat du système ?
F.B. : Jai proposé en Polynésie que lon mette toutes les cartes sur la table et, au lieu de se battre sur des affaires idéologiques, quon regarde la vérité du coût de la vie et on verra quil y a des différences. Jai indiqué un sujet qui me préoccupait et qui devra être traité, cest la situation des fonctionnaires qui font toute leur carrière en Métropole et qui ne viennent sinstaller outre-mer que pour leur retraite. On peut sinterroger, notamment au nom de léquité. Alors je suis prêt à entendre des objections, notamment pour les fonctionnaires originaires doutre-mer, mais il ma semblé observer ces derniers temps que de plus en plus de fonctionnaires ayant fait toute leur carrière en métropole sinstallaient outre-mer pour avoir une retraite avec surprime. à ‡a pose un problème en termes déquité. Mais, pour le reste, il sagit dun booster pour loutre-mer. Certains de mes amis disent quil vaudrait mieux donner largent directement aux gouvernements locaux. Je nen suis pas sûr. Je ne crois pas trop à la centralisation jacobine. Il faut regarder le coût de la vie et je suis certain quon verra quil ny a pas
vraiment lieu à polémiques.
Quant à la défiscalisation, ceux qui parlent de la remettre en cause ne le feront pas car un rapport récent a prouvé de manière unanime quelle constituait un vrai moteur pour le développement de loutre-mer. Il y a peutêtre des ajustements et des réglages à faire mais il me semble que, placés devant la réalité, la plupart des décideurs politiques saccorderont pour ne pas remettre en cause ce qui a eu des effets aussi positifs sur le développement de loutre-mer.
LNC : Quelle est la position de lUDF sur le gel du corps électoral ?
F.B. : Je vais dire les choses en pesant mes mots. Cest un dossier dangereux. Je rappelle quà lépoque, lune des rares personnalités locales qui aient dit » attention, il risque dy avoir dans cette affaire une mine « , cest Didier Leroux. Mais il y a eu un accord. Et moi je veux mettre en garde contre la remise en cause des accords. Cest une période dangereuse dans laquelle nous entrons. Je considère que ces accords ont permis dassurer la paix civile et une perspective de développement pour la Calédonie. Je comprends très bien les frustrations mais il faut remettre les choses dans leur cadre parce que, quelquefois, il me semble quon ne connaît pas bien ou on a oublié les détails de cette affaire. Je veux rappeler que, pour les municipales et les législatives, tout le monde vote. Je veux rappeler que pour la décision qui sera le terme ou la conclusion du processus, laffaire du corps électoral est réglée et personne ne la remet en cause. Cest un corps électoral rigoureux, rigoureusement défini. Il ny a donc que pour les provinciales que la question se pose. Alors je comprends très bien les frustrations mais je demande à tout le monde, sachant la sensibilité du dossier, de réfléchir. De réfléchir au risque dans une période oà ¹ lavenir de
lusine du Nord nest pas encore clairement défini. Je rappelle que cétait les deux grands chapitres de laccord. Voilà , je ne suis pas Calédonien, je ne donne pas de leçons, mais je demande vraiment que lon réfléchisse. Nous, nous voterons le texte qui sera présenté.
LNC : Pensez-vous que les grands projets miniers constituent une chance ou un risque pour la Calédonie ?
F.B. Je soutiens lidée du développement économique dans le Nord. Je pense que la Calédonie a besoin dun équilibre et je suis pour soutenir ce développement. Jespère que lon va avoir des réponses rapidement et quelles seront positives, parce que toute la population calédonienne ne peut pas venir vivre à Nouméa. à ‰videmment, je suis comme tout le monde et je préférerais que le stade des questions soit derrière nous et que lon soit déjà au stade des réponses, des projets et de la programmation. Mais je nai aucune réponse actuellement. Jai interrogé tous ceux qui savent, devraient savoir ou sont censés savoir et eux non plus nont pas de réponse. Cest dailleurs la même inquiétude que pour le corps électoral. Cest le même ensemble.
LNC : Est-il, selon vous, plus facile dentreprendre en Calédonie que dans les autres territoires doutre-mer ?
F. B. : Je pense que lécart entre la Nouvelle-Calédonie et ses principaux concurrents de la région est plus resserré que dans les autres territoires doutre-mer. Et je pense que cest mieux de ce point de vue-là . La Nouvelle-Calédonie approche des 20 000$, cest lunité internationale, de PIB par habitant, la Métropole, cest 24 000. Pareil pour lAustralie ou la Nouvelle-Zélande. On est là dans des zones qui ont le même ordre de niveau de vieet cest une chance pour la Nouvelle-Calédonie. Les investissements le montrent.
LNC : Dans vos interventions, vous faites souvent référence à Raymond Barre et à Michel Rocard. Soucieux tous les deux de travailler avec des hommes venus dhorizons différents, ils ont échoué dans leur quête douverture politique. Pourquoi auriez-vous plus de chances queux de réussir ?
F.B. : Dabord, ils nont pas tellement échoué. Cette démarche est restée une référence pour les Français. Jai toujours cette nostalgie, je pense que Barre et Rocard auraient dû travailler ensemble car ils avaient en fait le même projet. Mais ceci appartient à un temps qui nest plus dactualité. Mais surtout, les Français ont eu sous les yeux des décennies déchec de lapproche partisane et clanique. La dimension des défis que nous avons devant nous et leur urgence ne supportent plus que lon se comporte comme autrefois. Si vous ajoutez le défi de la dette, le défi du climat, le défi de la formation, le défi du modèle de société, le défi international, si vous regardez ça, vous vous dites que lon ne peut pas continuer avec des gouvernements ultra-minoritaires. Or, la place des extrêmes fait que tout gouvernement est minoritaire. Tout gouvernement de la moitié du pays contre lautre moitié, en raison du poids des extrêmes, est ultra-minoritaire et je pense que lon ne peut pas continuer comme ça. Donc, il est nécessaire de reconnaître quau moins ceux qui pensent la même chose, quelle que soit leur étiquette, pourraient travailler ensemble.
LNC : Si vous êtes élu président de la République, vous demanderez donc à votre Premier ministre de former un Gouvernement avec des gens de droite et des gens de gauche ?
F.B. : Cest exactement mon engagement. Daccord sur lessentiel, saccordant sur des priorités essentielles, décidés à dépasser les clivages et représentant ainsi une véritable majorité du pays et non une minorité. Ne serait-ce que pour sortir le pays des problèmes qui sont les siens et pouvoir ainsi entreprendre des réformes qui sans cela ne pourront pas être accomplies. Je ne supporte plus les alternances qui font que le gouvernement qui arrive démolit ce qua fait le gouvernement qui sen va. à ‡a a coûté très cher à notre pays et cette situation doit être changée. Il faut trouver un chemin nouveau.
LNC : Et si vous devez vous » contenter » dun rôle darbitre, quelle sera votre attitude au second tour ?
F.B. : Cest très simple, lavenir de cette élection se joue au premier tour. Cest à lElysée que ça se joue et cest au premier tour que ça se joue. Je ne me laisserai jamais prendre au piège de tous ceux qui veulent que lon présente aux Français un premier tour préfabriqué. Jobserve dailleurs, et un récent sondage du Journal du Dimanche le prouve, que ce premier tour préfabriqué, les Français nen veulent pas ! Eh bien, pour moi, cest un grand motif dencouragement.
Tout mon travail, tout mon effort, toute mon énergie seront consacrés dans les mois à venir à montrer aux Français quils ont une alternative. Quils peuvent changer la donne. Et je les aiderai à changer la donne.
LNC : Que pensez-vous de la tournure actuelle de la campagne en Métropole ?
F.B. : Je pense que les patrons sont les Français et quiconque sadressera à eux en les estimant, en ne se laissant pas impressionner par lextraordinaire matraquage déployé pour obtenir le résultat que vous savez, celui-là rencontrera leur confiance.
LNC : Pensez-vous possible une candidature de Jacques Chirac ?
F.B. : Il me semble qua priori, ce nest pas la perspective la plus probable, mais avec Jacques Chirac, jai appris à nécarter aucune éventualité…
LNC : Quest-ce que le parler vrai en politique ?
F.B. : Cest ce que je suis en train de faire devant vous.
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Bonjour,
Je pense que lorsque l’on se présente au poste de Président de la République, votre mouvement se doit de répondre aux mails que l’on vous envoie. J’ai transmis un mail aux jeune de l’UDF il y a plus d’un mois et vous n’avez pas daigné répondre…
L’image de l’outre-mer en France n’est pas flatteurse… pourquoi Mr Bayrou ne dit pas combien il est choqué de voir combien les Métropolitains sont traités ici. Nous versons 100 milliards chaque année