Les citoyens sont à la recherche d’un choix nouveau en 2007 – Paris Match

26 octobre 20061 Commentaire

Comment interprétez-vous votre score, entre 12 à 15% au premier tour, lors de nos dintentions de vote en votre faveur dans le dernier sondage “Paris Match-Ifop” ?

Il y a une très grande attente chez les Français dun autre choix que celui de Nicolas Sarkozy/Ségolène Royal. Ils voient bien que, du petit déjeuner au coucher, on leur serine la même chanson Sarko/Ségo aller-retour. Mais les Français ne veulent pas quon leur force la main. Ils sont donc à la recherche dun choix nouveau, pour créer une surprise républicaine.

Et, selon vous évidemment, la surprise, en 2007, ce sera vous ?

Constance et persévérance touchent toujours les électeurs. Ils partagent, je crois, mon diagnostic : entre le peuple et les pouvoirs, politiques, économiques et médiatiques, un gouffre sest installé. à€ ladresse du peuple, on organise une mise en scène qui masque les questions les plus graves. Ainsi Nicolas Sarkozy oppose-t-il juges et policiers, comme dans un jeu de cow-boys et de voleurs. Mais les citoyens ont dautres exigences. Ils veulent être pris au sérieux et traités en adultes.

Vous parlez comme Ségolène Royal ! Démocratie participative et citoyens experts…

Détrompez-vous. Ce nest pas la même chose de prendre les citoyens au sérieux ou de les suivre aveuglément. Par exemple, annoncer quon soumettra les élus à des jurys populaires tirés au sort, cest une dérive. Si lon prend cette idée au sérieux, ce sont des soviets, ce nest pas la confiance, cest la défiance. Ainsi, les Français qui trouvent le candidat de lUMP souvent inquiétant, commencent à juger la candidate socialiste pas très rassurante non plus.

Et si le duel Ségo-Sarko navait pas lieu ?

Il sagit plus souvent dun duo que dun duel. Mais rien ne dit que ce duel simposera. Lisez ce mail que je reçois à la seconde : “De sensibilité de gauche, je me surprends à vous écouter avec une grande attention (…) tant le désastre de ma famille politique est grand et tant lautre clan meffraie.” Cest cette attente qui me touche et à laquelle je veux répondre. Cest pour cela que je propose quon fasse le pas de faire travailler ensemble des gens compétents, daccord sur lessentiel, venus de gauche, du centre et de la droite.

Vos propositions sont quand même très proches de celles du PS : un président qui gouverne, des électeurs qui ne veulent plus dun modèle imposé, une nouvelle République…

60% des responsables politiques, à droite comme à gauche, partagent, en privé, la même analyse. Mais ils nosent pas le dire. Or il est urgent que nous travaillions ensemble. Par exemple pour éviter la catastrophe climatique et humaine que décrit très pédagogiquement le film dAl Gore [“Une vérité qui dérange”]. Ou pour défendre lidéal social de la France face à la mondialisation, et en faire une arme dans la compétition du monde. Ou pour vaincre la malédiction de la dette.

Dans votre livre “Au nom du Tiers-Etat” (éd. Hachette Littératures), vous décrivez une situation prérévolutionnaire, comparable à celle de 1789, avec un pouvoir absolu enfermé à lElysée et un peuple infantilisé… Votre diagnostic nest-il pas trop sévère pour le pouvoir actuel et les Français ?

Un jour, on découvrira que ce diagnostic devrait être plus sévère encore ! Vous ne voyez pas à quel point la confiance a disparu ? Peut-être parce que vous-mêmes, le pouvoir médiatique, vous êtes familier du cercle des puissants…

Ah bon ! C’est vous qui le dites. Décidément, vous êtes vraiment très excessif et un brin populiste !

Entre les grandes puissances médiatiques, économiques et politiques, il y a une intimité de tous les jours. Mais le peuple se sent exclu de cette connivence. Pourtant, cest un peuple plein de ressources, de vitalité, créatif. Il demande à être entendu, pas à être flatté, pas à être tiré vers ses passions mauvaises (il en a aussi, comme chacun dentre nous). Il demande à être tiré vers le haut. Il souhaite des dirigeants, un président qui lui disent : “Voilà les difficultés, voilà nos problèmes, je nai pas de baguette magique, mais je vous propose un cap.” Le citoyen attend de son président quil bâtisse avec lui une relation de confiance. Quil ne lui bourre pas le mou.

En ne parlant que deux fois lan à ses concitoyens, le 31 décembre et le 14 juillet, Chirac a donc échoué, selon vous ?

Jacques Chirac est un être complexe. Je crois quil ressent une grande partie de ce que jexprime – sa campagne de 1995, celle de la fracture sociale, le prouve. Mais il cultive un pouvoir présent-absent. Il na pas accompagné le peuple dans sa réflexion – être son ami, léclairer -, comme devrait le faire, à mon sens, un président.

Vous avez déclaré que vous êtiez prêt à devenir premier ministre dun président de droite ou de gauche…

Cest une lourde erreur dinterprétation de mes propos. Ce nest pas à Matignon que lessentiel se joue, cest à lElysée.

Vous vous y voyez donc… Vos premières mesures de chef de lEtat?

Je nommerai un gouvernement inédit qui rassemblera des personnalités compétentes, venues de bords différents, qui saccorderont sur un programme de redressement national. Je changerai les institutions pour que tous les Français soient représentés. Je ferai voter une grande loi-cadre sur la priorité à léducation.

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One Response to “Les citoyens sont à la recherche d’un choix nouveau en 2007 – Paris Match”

  1. L’UDF indépendante ! une chance pour la France !

    Cela fait plus de trente ans que règne l’alternance gauche-droite. Cette bipolarisation du paysage politique français n’a pas été stérile. Elle a plongé la France dans un profond désarroi.
    Les affrontements dogmatiques gauche-droite ont généré le développement de la fracture sociale, le creusement des inégalités, la hausse du chômage et de la précarité. Tous ces maux se conjuguent aujourd’hui sur fond de crise du logement (plus de 100.000 personnes sans logement, 3.000.000 de mal logés), de montée des extrémismes, de crise des banlieues.
    Sans s’attaquer aux causes de ces maux le gouvernement actuel se dirige vers une répression sans fin. C’est alors vers une société de peur et d’angoisse qu’on nous entraine.

    Au moment même où notre jeunesse a besoin de repères stables, le gouvernement démantèle l’Education Nationale et exhibe l’apprentissage

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