Le centre cest le peuple ! – François Bayrou aux Rendez-vous de l’histoire – Blois

13 octobre 20061 Commentaire

Aux Rendez-Vous de Blois soufflent tous les vents de lHistoire : la petite et la grande, la longue durée et lhistoire contemporaine, lactualité brûlante et lanecdote. De tradition, Marianne sy invite chez Clio. François Bayrou est linvité politique de cette neuvième édition, placée sous la présidence de Louis Schweitzer, Président de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour légalité. Thème des Rendez-Vous 2006 :  » largent « . Traité avec humour par les organisateurs dans leur communication :  » En avoir ou pas « , proclame laffiche qui trône au dessus des intervenants et conférenciers.

Le jeune journaliste de Radio France interrompt un instant, micro en main, la séance de dédicaces de François Bayrou. Nous sommes en direct sur Radio Bleue.  » – Permettez-moi dêtre impertinent, votre livre sintitule  » Au nom du tiers état « , un homme de droite peut-il… » « - Je suis du centre « , intervient François Bayrou. « -Un homme du centre, alors, peut-il parler du peuple et au nom du peuple ?  »  » -Mais le centre, cest le peuple ! « 

A deux mètres de la table o๠François Bayrou épuise en une heure deux stylos et 92 exemplaires de son livre, Alain Rey paraphe  » A mots découverts « , recueil de ses chroniques langagières sur France Inter. Lhomme du dictionnaire livre son sentiment sur le  » style  » du président de lUDF :  » Il y a de la singularité à proposer une vision moderne de la société en usant dune langue extrêmement classique. Cest un cas tout à fait intéressant ! « 

En avoir ou pas

 » Largent  » nest pas absent du propos de François Bayrou, centré sur la République, la vie démocratique et les institutions. Quil sagisse de  » lintimité  » entre gouvernants et grands média ou des modalités du financement des partis politique :  » Que lon songe que lUMP dispose dun budget dix-huit fois plus important que celui de lUDF… « 

Dans la gazette des Rendez-Vous, les élus des collectivités qui patronnent la manifestation parlent dargent chacun à leur manière. Michel Sapin (PS), président du Conseil régional du Centre, cite Alexandre Dumas :  » cet argent qui est un bon serviteur et un mauvais maître « . Maurice Leroy (UDF), député du Loir-et-Cher et Président du Conseil général, en évoque  » les facettes multiples : On lui prête des pouvoirs immenses et, en même temps, on le diabolise à outrance.  » Le député-maire de Blois, Nicolas Perruchot (UDF) sinterroge :  » Quelle réalité objective donner à largent face à la facilité apparente de certains à gagner des sommes faramineuses, quand tant dautres ont du mal à subsister partout dans le monde ? « 

Le propos du Président Louis Schweitzer rejoint la thématique du Colloque  » Nouvelles solidarités  » récemment tenu à linitiative de François Bayrou :  » La place de largent croît de façon continue et effrayante. Largent navait pas une telle place il y a encore quelques décennies et nétait pas le facteur dexclusion quil est devenu.  » Pour lancien Président-Directeur général de Renault,  » nous sommes dans un système économique darwinien : on évacue les plus faibles, et les plus forts sont de plus en plus forts. Lenjeu est darriver à concilier cette économie de marché avec la dignité de lhomme. « 

Polémiste

Le cycle de  » Débats dactualité  » a ses règles particulières : autour dun acteur majeur de  » lHistoire au présent « , de grands témoins, des universitaires, des historiens, des praticiens des sciences humaines, des journalistes aussi. Pas nimporte quels journalistes : on les choisit vifs, engagés, polémistes. Avec Alain-Gérard Slama ( » Le Figaro « ) et Elisabeth Lévy ( » Le Point « ), le président de lUDF est  » servi « . M. Slama se plait à rappeler une phrase qui aurait été entendue en haut lieu aux temps glorieux de la Ve République :  » Le centre nest quun point. Cela fait un peu court comme programme.  » Vive réplique de François Bayrou :  » Do๠êtes-vous et qui êtes vous ? Quelle est votre légitimité ? Par qui avez-vous été élu pour décider du bout du  » Figaro  » ce que les citoyens pensent, ce que vos lecteurs pensent ou ressentent ? Laissez les gens être ce quil sont ! « 

Le polémiste  » sétonne  » encore de ce que François Bayrou puisse évoquer les positions et les intentions du général de Gaulle de 1946 à 1958, sa dénonciation solitaire de la IVe République. En ces termes retenus :  » …mais à qui vous comparez-vous !  » François Bayrou :  » Nous sommes tous des citoyens ! Je ne me signe en parlant daucun homme. Si vous trahissez le message du général de Gaulle, vous qui prétendez sans doute vous inscrire dans sa lignée, cest vous qui avez tort et non pas moi. « 

Monarchie des Bourbons

A Blois, quatre journées durant, la référence historique classique est de rigueur, même en abordant ce qui fera la une du journal du lendemain. François Bayrou ninvoque pas son roi de prédilection mais convoque les Bourbons. Un  » conseiller en communication  » qui travailla aux côtés de deux Président de la République successifs et adversaires résumait ainsi, dit-on, son enseignement :  » Se montrer, sexposer, parler le moins possible.  » Pour le président de lUDF,  » la monarchie présidentielle  » en sa dernière version applique ce précepte qui inspirait déjà  » la monarchie des Bourbons  » :  » se dissimuler, se montrer très peu, pour exercer le maximum de pouvoir.  » Ainsi, aujourdhui  » le Président se tait pendant des mois et des mois pour ne parler aux Français que les deux seules journées de lannée o๠presque personne ne peut lentendre : le 31 décembre et le 14 juillet, quand tout le monde est occupé à autre chose…  » Le  » fonctionnement clanique  » de lEtat, la distribution des postes et des prébendes justifient aussi ce rapprochement :  » Cest : qui nest pas avec moi est contre moi. « 

Constat de convergence :  » Je suis daccord avec Marie-France Garaud sur tout, sauf… sur lessentiel  » ainsi François Bayrou ouvre-t-il lune de ses interventions dans le débat qui sorganise autour de sa dénonciation dune  » République épuisée « . A entendre Mme Garaud, la France se serait dotée, en 1958 et 1962, dune constitution idéale dont seule la trahison de lesprit, et même de la lettre, par François Mitterrand et son successeur expliquerait la perversion. Pour le Président de lUDF, cette constitution ne saurait fonctionner, na pu fonctionner  » quavec des dirigeants visionnaires et vertueux « 

Commentaire du journaliste Jean-Louis Boissonneau, rendant comte du débat dans  » La Nouvelle République du Centre-Ouest  » :  » La constitution de la Ve République a été écrite dans loptique dun président responsable devant le pays. Mais seul, jusquici, son fondateur a respecté ce principe. « 

 » Tout le monde le pense « 

Que vienne une VIe République –  » peu importe quon lui prête un numéro  » – qui nen appelle à nul homme providentiel mais encadre et organise lexercice démocratique, avec des gouvernants  » pleinement responsables de leurs actes politiques  » Et à la tête du pays un Président  » qui porte une vision et un grand projet, qui assure la cohérence de laction publique, qui puisse sadresser au pays.  » Un Président de la République qui noublie pas, non plus, que  » sa fonction nest pas une fonction partisane, quil a un rôle darbitrage et quil sadresse à tous les Français. « 

 » Aujourdhui, on ne donne au peuple français, aux citoyens français ni la parole ni le moyen de choisir le cap. Tout le monde le pense ; il faut en tirer les conséquences . « 

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One Response to “Le centre cest le peuple ! – François Bayrou aux Rendez-vous de l’histoire – Blois”

  1. sylvain treffé dit :

    Les propos de Mr Schweitzer me revoltent. Je suis un ancien agent renault, installé apres avoir demissionné du siege de renault. Mal conseillé par les directions regionales de renault, j’ai fait le mauvais choix d’une agence sous la coupe d’une succursale Renault ou le directeur (cadre salarié) meprisait les agents. en difficulté, une solution était envisageable, la revente de mon affaire

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